Curieux paradoxe pour l’élément le plus immatériel et le plus mystérieux de l’univers…
Il est vrai que, jour après jour, minute après minute, nous sommes soumis à un objet : l’horloge.
Comme le temps ne peut être ni arrêté ni accéléré, ni retourné ni avancé, on s’y conforme. Comme sa mesure contrôle toute notre société, on s’y astreint.
Métro, boulot, réunions, rendez-vous, coups de téléphone, courses, repas, biberons, démarches administratives… Pour la plupart d’entre nous, la valise de chaque journée paraît constamment archibourrée.Certains craquent, d’autres font face. Mais nous avons tous mal à notre temps. Et nous souffrons surtout du manque, alors que chaque jour n’a et n’aura jamais que vingt-quatre heures.
Avoir du mal à habiter son temps. "L’habiter" ? Oui, puisqu’il nous contient comme l’eau le poisson. Oui, puisqu’on peut se débarrasser du superflu, qu’il est possible d’alléger son temps.
Comment ? Pas forcément en potassant l’un des nombreux manuels de "gestion" du temps.Mais ceci dit,dans mon cas,(bien trop catastrophique),séminaires et lectures furent d'un grand secours !!!!
Certes, ce genre d’exercice permet de recadrer le temps, et donc de mieux l’utiliser. Mais pour quoi faire ? Toujours et encore plus ! Car nous avons le réflexe de "vouloir en faire trop", de remplir à tout prix les moments de temps "libre", comme si nous voulions éviter de voir que celui-ci, tôt ou tard, prendra fin…
Mieux habiter son temps est une démarche personnelle, réaliste, astucieuse, quasi esthétique, qui conduit à rechercher l’intensité ou la qualité de chaque instant au présent.
Presque une démarche zen… Bien sûr, en allégeant sa vie, chacun allège forcément son temps. Pour y parvenir, il nous faut réfléchir, sinon méditer, sur la meilleure façon d’aménager une "zone" de confort intérieure, celle où l’on pourra respirer les minutes sans être étouffé par les secondes.
La prise de conscience commence par l’observation de notre propre comportement, de notre rapport quotidien, voire horaire, au monde, aux autres, aux objets, à notre environnement. Puis il faut répondre non seulement à la question : « Où est passé mon temps ? », mais aussi à : « A quoi ? Avec qui ? Comment ? Pourquoi ? »
Répondre honnêtement à cet auto-examen, sur un petit carnet par exemple, permet en premier lieu d’identifier ce que l’on appelle les "voleurs de temps externes" : appels téléphoniques imprévus, personnes qui débarquent à l’improviste, repas d’affaires et réceptions « obligatoires », réunions mal préparées, surfing sur le net, ménage qui a trop traîné, etc.
En second lieu, cette étude de soi-même permet de prendre conscience de ce que l’on fait réellement pour y remédier. C’est alors que l’on se rend compte que les "voleurs externes" sont souvent un prétexte. Ce sont plutôt les "voleurs de temps internes" : travaux jamais terminés, perfectionnisme, manque d’ordre, inaptitude à dire non, incapacité à prendre des décisions rapidement, fatigue et manque de forme… qui sont les principaux responsables de nos débordements permanents.
Faire des choix
Cette prise de conscience permet de commencer à alléger sa vie d’une façon concrète, ce qui est impossible sans faire des choix, sans accepter des renoncements. Avec un objectif avoué : mieux vivre !
Ne sommes-nous pas plus motivés pour le faire si nous pouvons ainsi retrouver les activités qui nous font plaisir, celles dont la réalisation nous tient à cœur, celles dont on sent qu’elles vont nous permettre d’être vraiment nous-même ?
Cette démarche peut sembler égoïste, elle est cependant bénéfique à ceux qui nous entourent. Car qui a envie de fréquenter quelqu’un de constamment stressé ? Pour progresser dans cette libération, ce desserrement du temps, il faut, certes, détermination et organisation. Et s’il n’y avait qu’un seul instrument à utiliser, ce serait l’usage résolu et courtois du « non » aux autres… et à nous-même.
Pas toujours si simple!!!!
Excellente semaine à vous !
Avec toute ma tendresse.
Béatrice.
